Médicaments génériques : une pharmacie des Deux-Sèvres condamnée

La nouvelle législation de mai dernier impose aux pharmaciens d’augmenter la proportion de ventes de médicaments génériques. C’est ainsi que les pharmaciens doivent refuser le tiers-payant aux patients ne voulant pas la substitution d’un médicament par un générique.
assurance maladie


La Caisse d’Assurance Maladie de Niort a donc sommé ses officines de vendre au moins 60 % de génériques. N’ayant atteint que 50 %, une pharmacie de la ville d’Airvault dans les Deux-Sèvres a été sanctionnée le 30 juillet dernier : elle ne pourra plus, pendant un mois, appliquer le tiers payant à sa clientèle.

C’est la première fois qu’une telle sanction s’applique. Ces contraintes imposées par la législation ont pour objectif d’encourager les pharmacies à proposer davantage de génériques, leur vente a en effet permis de réaliser une économie de 1,3 milliards d’euros l’an passé. Car la France est en retard par rapport à certains de ses voisins européens, comme l’Allemagne et les Pays-Bas et les économies en termes de santé sont désormais une priorité. La vente de génériques doit donc permettre à la fois de réaliser des économies et de restreindre les déremboursements de médicaments coûteux.

Mais certains médecins sont encore réticents à prescrire des génériques et ordonnent encore larga manu des médicaments princeps qu’ils jugent « non substituables ». Cette prescription est bien sûr encadrée car elle ne doit pas être utilisée de manière abusive mais se justifie parfois d’un point de vue médical. La délivrance de génériques se heurte aussi souvent à la frilosité de quelques patients, encore attachés à la marque, et à la méfiance des pharmaciens eux-mêmes envers des thérapeutiques qui ont pu causer des incidents d’ordre médical. Le pharmacien se retrouve donc fréquemment en porte-à-faux et l’affaire de l’officine des Deux-Sèvres replace le générique au centre des débats. Car l’Assurance Maladie ne veut pas amener les pharmacies à se livrer une guerre concurrentielle. C’est pourtant le sentiment qu’éprouve Jacqueline Girardeaux qui considère cette sanction comme une « injustice flagrante » et une condamnation exemplaire. Cette dernière fait donc appel de la décision de la Caisse d’Assurance Maladie.

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