Les applis santé : attention aux usages

Les modes touchent tous les secteurs. Habillement, technique, voiture…Les portables, les jeux ou réseaux sociaux ont ouvert la voie aux consommateurs qui se laissent aller au gré de leurs envies, goûts ou thèmes qui leurs sont chers.

La santé est un de ceux-là. 

Le portable : nouveau compagnon santé

Les acteurs de l’internet s’affairent depuis longtemps sur ce marché de la santé sur mobile. Ils captent cette audience via des solutions directement intégrées dans nos tablettes mais surtout nos portables. Leurs atouts sont : rapide d’accès, simplicité, et surtout bienveillance.

L’obsession de sa santé est légitime. La promesse induite par les applications d’une meilleure gestion de notre quotidien sous l’approche sportive, alimentaire et médicale est très convoitée. Cette sensation d’avoir et prendre la main sur sa santé est réellement rassurante et crée du bien-être.

Elle nous stimule pour faire plus d’activité, rester en forme, et s’assurer de vieillir dans les meilleures conditions possibles.

Votre menu santé

Pour séduire une clientèle large, les applications ciblent les utilisateurs selon leurs besoins et usages. On peut les classer comme suit :

  • celles qui fournissent des relevés de variables : rythme cardiaque, tension, température…
  • celles qui permettent de déceler une anomalie et contacter un proche ou les services d’urgence
  • celles à vocation thérapeutique et préventive
  • celles qui proposent des exercices de relaxation ou physiques
  • celles qui renseignent sur l’adresse géographique d’une pharmacie

Simple programme sportif, bilan de variables ou diagnostic, ces apps sont devenues une source d’informations immédiate et gratuite pour des personnes soucieuses de leur santé. Et cela peut poser des problèmes car les pathologies ne peuvent pas toutes être traitées via ces solutions, n’ayant d’ailleurs pas vocation à remplacer complètement quelconque ordonnance ni traitement. On va distinguer ici la notion de confort avec celle du véritable soin.

« La santé au bout des doigts. »

Antoine Lebourg

Des soins géographiquement moins accessibles laissent le champ libre aux outils informatiques dont les applications. Les atouts imbattables de disponibilité, facilité et communicationoffrent aux patients le pouvoir de s’informer et contrôler eux-mêmes leur santé. Relever des Informations et données en temps réel pour gérer au plus près leur comportement et les risques d’accidents.

Santé et mode : quelle frontière ?

Les applications sont une réelle alternative en cas d’absence du professionnel de santé. Disponible 100% du temps, cela permet de réduire la fracture médicale et d’apporter un relai avec le personnel soignant. 

Cependant dans cette prise de conscience médicale, il existe des sujets plus sensibles que d’autres où l’usage du portable apparaît comme facteur aggravant du problème. Le domaine psychique notamment, demande une expertise et un lien physique absent des applications.

Par exemple, il serait dommageable pour un utilisateur d’apprendre une grave information si vraisemblable soit-elle, sur santé mentale sans connaître la réaction possible à laquelle s’attendre.

Cette possibilité de substitution du personnel au profit de l’appli pourrait aussi mener à l’arrêt malvenu d’un traitement.

Il convient de rappeler que dans ces cas-là, un personnel médical reste seul apte à produire une recommandation sérieuse et adaptée.

Ma santé, Mes données

Rappelons maintenant le contexte privé des données de santé.

Le secret médical interdit à tout médecin de communiquer des informations sur son patient. Cela comprend tout ce qui peut l’identifier, ce qu’il a vu ou entendu. Cette confidentialité s’étend également aux personnels de l’établissement ou en relation avec celui-ci.

Ce qui vient en droite opposition des pratiques aux GAFA où le prélèvement et l’échange (via les appareils portables) de ces données est inscrit dans le modèle économique. Le tacite accord contenu lors de la création du compte dans l’application équivaudra, comme depuis le début, à un consentement de l’utilisation de ces données.

Dans ce contexte, et comme on aime le rappeler :

« Si c’est gratuit, c’est toi le produit. »Tim O’Reilly

Tim O’Reilly

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