Mobilisation des « petits » assureurs contre l’ANI

Le projet de loi visant à instaurer l’attribution d’une mutuelle à tous les salariés du privé n’est pas du goût des petits assureurs dans le domaine de la santé. Retour sur cette nouvelle polémique naissante…
Manifestation contre l'ANI
Photo : sudouest.fr (Thierry David)

Le projet de loi, déjà ratifié par certains syndicats, et qui sera voté le 14 mai prochain, part pourtant d’un bon sentiment. Cet accord interprofessionnel sur la sécurisation de l’emploi (ANI) vise à une couverture complémentaire santé universelle obligatoire, pour tous les salariés du secteur privé, devant être financée à hauteur de 50 % minimum par l’employeur, le reste revenant à l’employé. A l’heure actuelle, dans notre pays, on estime à environ 400 000, le nombre de salariés ne disposant pas d’une complémentaire santé et à près de quatre millions, ceux devant la financer eux-mêmes, sans aucune participation de la part de leur employeur. Dans ce contexte, l’ANI parait donc à la fois justifié et nécessaire.

Seul bémol, un projet d’amendement, examiné dans quelques jours au Sénat qui empêcherait les salariés de choisir leur complémentaire santé en toute liberté. Dans une cruelle logique, les petits cabinets de courtage indépendants seraient ainsi fortement pénalisés face aux plus grands groupes d’assurance santé.

Pour protester, ces petits courtiers se sont réunis dans un mouvement intitulé « Sauvez les abeilles, sauvons nos emplois », qui représenterait près de 250 000 emplois dont des courtiers et agents travaillant pour des petites et moyennes mutuelles. Selon ce collectif en colère, plus de 40 000 emplois seraient directement menacés par l’amendement. Ils ont donc appelé à une grande mobilisation, lundi 6 mai, devant les Pôles emploi de sept grandes villes françaises pour protester contre le projet de loi. Dans un communiqué, ils résument leurs craintes en désignant une orientation gouvernementale vers les « institutions de prévoyance paritaires ciblées ».

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