Etat des lieux de l’accès aux soins de santé

L’accès aux soins s’est détérioré encore entre 2011 et 2012. Les Français se soignent moins bien. Tel est le constat de différents observatoires. Les sondages indiquent même qu’une majorité considère la santé comme un coût important dans leur budget et que le système de santé français devient un système à deux vitesses. Faisons le point sur cette situation de difficulté d’accès, d’inégalité sociale et financière.
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Crédit photo : rashdanothman

Une inégalité financière

Depuis quelques gouvernements, pour combler le trou de la Sécurité Sociale, différentes mesures ont été prises : déremboursement de nombreux médicaments ou soins, franchises en augmentation. Par ailleurs, les mutuelles ont augmenté leurs tarifs, par exemple de l’ordre de 9% en janvier 2012. Ce faisant, les Français ont donc raison de penser à 54% que le coût pour se soigner est important.

Pour les bourses les plus faibles, la santé coûte cher. La CMU ou l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) remplissent certes un rôle non négligeable pour les plus précaires, mais certainement insuffisant. Car l’effet de seuil ne permet pas à tous d’y prétendre. Celui qui se situe légèrement au-dessus paie très cher pour sa santé. Ce qui amène un certain nombre de personnes à repousser le moment de se soigner. Pour l’IRDES, Institut de Recherche et de Documentation en Économie de la Santé, le pourcentage des personnes sans complémentaire qui renoncent à des soins a augmenté de plus de huit points en dix ans, en constante progression. Cela devient inquiétant mais ce n’est malheureusement pas tout.

Difficulté d’accès chez les spécialistes

S’il faut près de 45 jours pour obtenir un rendez-vous chez un cardiologue ou un pneumologue, l’accès à ce genre de spécialiste est encore plus difficile en milieu rural.
Près d’un français sur quatre renonce à des soins chez les spécialistes, par exemple en soins d’orthodontie, trouvant que leurs mutuelles les remboursent insuffisamment. Pourtant, les derniers chiffres publiés annoncent une augmentation des revenus des complémentaires santé ! Il en est de même pour les examens de dépistage puisque 15% s’y refusent pour des questions de budget.
Quant à la médecine générale, 86% y ont recours au moins une fois par an. Ils sont même prêts en majorité à une télémédecine, spécialement pour une surveillance dans le cas des maladies chroniques, mais aussi pour avoir un meilleur accès aux soins. Cela pourrait être intéressant dans la mesure où les médecins ne s’y opposent pas par principe. Cela permettrait peut-être de diminuer les inégalités sociales.

Inégalités sociales

En fait les hauts revenus d’âge moyen accèdent aisément aux spécialistes et à l’ensemble des soins. Les cadres consacrent un budget dentaire beaucoup plus important que les employés et ouvriers qui en ont plus besoin, car ces derniers se restreignent davantage. À l’âge de 75 ans chez les hommes, les employés ou ouvriers dépensent 1700€ de plus pour leur santé que les cadres, car ils ont plus de maladies graves. La France est d’ailleurs globalement mal classée en Europe sur le plan de l’égalité sociale et de santé (indice relatif d’inégalité IRI).

Le système français n’est donc pas si performant qu’on a pu le croire. Par exemple, concernant la mortalité, les catégories les plus favorisées ont la meilleure progression d’espérance de vie. Les inégalités sociales explosent, tandis que les malades voudraient un meilleur accès aux soins.

Sachant qu’en 1997, 12% des Français déclaraient ne pas se soigner les dents pour raison financière, notre système s’est-il vraiment amélioré depuis ? Faire seulement sauter les barrières financières permettra-t-il un meilleur accès aux soins ? Comment concilier une plus grande égalité et un équilibre des comptes ?

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